Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi…
janvier 14th, 2008 byLes fêtes sont passées avec leur lot de réception dans un sens et dans un autre, et de buffets dégoulinants de foie gras et autres délices caloriques. Le plaisir est sans pareil, et en même temps, il faut bien avouer que pour une solitaire comme moi, toutes ces socialités peuvent devenir épuisantes, surtout si elles saccompagnent, comme c’est souvent le cas, d’une frénésie de rangement et d’une préparation halletante. J’ai testé pour vous les grands tralalas, et les ai vite abandonnés. Vous savez quoi ? Tant que vous avez le sourire, vous pourriez servir des raviolis en boîte que vos invités ne vous en voudraient même pas (mais mon mari, si).
Puisque vous tenez à en jeter, voici quelques trucs simples pour passer un bon moment sans vous épuiser.
1) On vous l’a dit mille fois : rangez régulièrement, et pas seulement la veille de votre grande réception mensuelle. J’envisage un calcul scientifique sur le rapport entre le temps passé à ranger le salon tous les samedis avec le plaisir obtenu de recevoir quelqu’un chaque samedi pour le thé. En effet, il semble que pour la procrastinatrice que je suis, ranger tous les samedis nécessite de recevoir tous les samedis, mais s’il le faut hein…
2) Ne recevez pas systématiquement pour un repas. Vous voulez voir les gens, bien. Devez-vous pour autant les convier à chaque fois à 12h30 pour ne les rendre à leur voiture qu’à 18h, dans le meilleur des cas (celui où vous avez oublié de proposer poliment "ça vous dit qu’on finisse les restes avec un grand plat de pâtes, les enfants sont si sages dans les chambres… et on n’a pas fini notre belote !") ? Oui, le devez-vous vraiment ? Pourquoi ne pas les inviter simplement pour le thé, par exemple, même si vous le complétez de petits fours à votre manière ? Ou pour le café ? Ou bien pour un brunch qui dit bien ce qu’il veut dire : quand on commence tôt le matin, on rentre tôt le soir…
3) Acceptez de l’aide. Solange vous propose d’amener le dessert ? Va pour le dessert de Solange… Mélissa est partante pour faire ses petits amuse-gueules dont elle a le secret ? Entrez chez moi, amuse-gueules ! Tant que Nadine de Rotschild n’est pas invitée (paraît que ça ne se fait pas, chez la Baronne), profitez de la charité de vos amis et de leurs dons culinaires. Une précaution cependant : gardez un dessert ou un paquet de grigris de sécurité en cas de contre-temps de dernière minute. Vous ne voudriez pas vous retrouvez sans dessert si Solange vous faisait le coup de la gastro du dimanche matin.
4) Faites vos spécialités. Oh, bien sûr que vous aimeriez tester cette nouvelle recette de Saint-Jacques poélées au confit de ratatouille à la sauce Robert. Mais souvenez-vous que vos amis viennent avant tout pour votre désormais celèbre gâteau au chocolat ou vos dons en terrine à la pistache. Alors libérez une case pour les Saint-Jacques, d’accord, mais ne faites pas que des trucs nouveaux. Vous prendriez le risque de décevoir vos convives (oooohhhh, un mille-feuille pistache mandarine et sa crème de fromage corse ! Moi qui aime tant ce brownie…) ; de râter un de ces magnifiques plats dont vous ne maîtrisez pas encore la recette ; et de passer la moitié du repas dans la cuisine à essayer de tout boucler, au lieu de raconter à vos amis la dernière histoire de Paf le Chien (mmmhhh, vous la connaissez pas ?).
5) Ne faites pas comme au restaurant. Nadine a dit non, de toutes les façons. Ca ne se fait pas : les petits radis taillés en tulipes, la feuille de salade sous l’entrecôte, c’est non. Non, non, et non. Même la petite dentelle en papier. Alors ne vous prenez pas la tête avec ça. Présentez joliment, sans plus. C’est fait pour être mangé, de toutes les manières.
6) Choisissez des plats que vous pouvez préparer à l’avance au maximum. Bien sûr que la raclette et la fondue sont des plats conviviaux (bien que très caloriques et terriblement calorifuges), mais il existe de nombreux plats conviviaux qui ne comportent même pas de fromage… Tous ces petits plats "où on met tout dans la cocotte et laissez à feu doux quelques heures" se réchauffent avec succès, et se congèlent parfaitement. Beaucoup de desserts aiment à passer du temps au frais.
7) Soyez raisonnable : pensez à la ligne et à la digestion de vos convives. Non mais c’est vrai quoi. Ou bien proposez de vous-mêmes à la cantonnade d’ouvrir en choeur les deux premiers boutons du jean… Finissez sur des fruits ou un sorbet si vous avez chargé la première partie du repas (feuilleté + viande + pommes dauphines + haricots verts aux lardons + chèvre pané… oui, c’est chargé). Il n’est pas humainement possible d’apprécier même le meilleur des desserts quand on a, comme on dit vulgairement, "les dents du fond qui baignent".
Fauché vous êtes ? Faites exotique. Vous y passerez sûrement du temps, mais ça, vous en avez peut-être. Les cuisines asiatiques n’exigent pas de gros investissements, de même d’ailleurs qu’un bon couscous ou un délicieux chili con carne. Les épices ont un grand rôle à jouer, ainsi que, éventuellement, quelques miettes de folklore : dans la jolie théïère argentée et les petits verres peints, le thé à la menthe a toujours meilleur goût qu’à la machine à café du bureau.
9) A propos de théïère : si vous en avez, sortez les dorures. Rien de tel qu’une jolie table pour se mettre en appétit. Après tout, vous avez de l’argenterie, c’est pas pour la regarder s’oxyder, si ?
10) Les pros du dîner improvisé ont des recettes inratables du dernier moment et ont toujours sous la main de quoi les réaliser. Des trucs simples : d’excellentes sauces de pâtes, des amuse-gueules à tomber pour zapper l’entrée, et des idées malignes pour transformer deux bananes, une plaque de chocolat et un bac de glace vanille en dessert du feu de dieu. Cherchez les vôtres et régalez les autres.
Et le dernier conseil, qui ne sera pas le onzième, puisque c’était le premier : faites-vous beau, gardez le sourire et accueillez vos invités comme ils le méritent. Ils ne demandent que ça. Bon, mais pour les boîtes, je préfère quand même le cassoulet…
Stéphanie
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