Les fêtes sont passées avec leur lot de réception dans un sens et dans un autre, et de buffets dégoulinants de foie gras et autres délices caloriques. Le plaisir est sans pareil, et en même temps, il faut bien avouer que pour une solitaire comme moi, toutes ces socialités peuvent devenir épuisantes, surtout si elles s'accompagnent, comme c'est souvent le cas, d'une frénésie de rangement et d'une préparation halletante. J'ai testé pour vous les grands tralalas, et les ai vite abandonnés. Vous savez quoi ? Tant que vous avez le sourire, vous pourriez servir des raviolis en boîte que vos invités ne vous en voudraient même pas (mais mon mari, si).
Puisque vous tenez à en jeter, voici quelques trucs simples pour passer un bon moment sans vous épuiser.
1) On vous l'a dit mille fois : rangez régulièrement, et pas seulement la veille de votre grande réception mensuelle. J'envisage un calcul scientifique sur le rapport entre le temps passé à ranger le salon tous les samedis avec le plaisir obtenu de recevoir quelqu'un chaque samedi pour le thé. En effet, il semble que pour la procrastinatrice que je suis, ranger tous les samedis nécessite de recevoir tous les samedis, mais s'il le faut hein...
2) Ne recevez pas systématiquement pour un repas. Vous voulez voir les gens, bien. Devez-vous pour autant les convier à chaque fois à 12h30 pour ne les rendre à leur voiture qu'à 18h, dans le meilleur des cas (celui où vous avez oublié de proposer poliment "ça vous dit qu'on finisse les restes avec un grand plat de pâtes, les enfants sont si sages dans les chambres... et on n'a pas fini notre belote !") ? Oui, le devez-vous vraiment ? Pourquoi ne pas les inviter simplement pour le thé, par exemple, même si vous le complétez de petits fours à votre manière ? Ou pour le café ? Ou bien pour un brunch qui dit bien ce qu'il veut dire : quand on commence tôt le matin, on rentre tôt le soir...
3) Acceptez de l'aide. Solange vous propose d'amener le dessert ? Va pour le dessert de Solange... Mélissa est partante pour faire ses petits amuse-gueules dont elle a le secret ? Entrez chez moi, amuse-gueules ! Tant que Nadine de Rotschild n'est pas invitée (paraît que ça ne se fait pas, chez la Baronne), profitez de la charité de vos amis et de leurs dons culinaires. Une précaution cependant : gardez un dessert ou un paquet de grigris de sécurité en cas de contre-temps de dernière minute. Vous ne voudriez pas vous retrouvez sans dessert si Solange vous faisait le coup de la gastro du dimanche matin.
4) Faites vos spécialités. Oh, bien sûr que vous aimeriez tester cette nouvelle recette de Saint-Jacques poélées au confit de ratatouille à la sauce Robert. Mais souvenez-vous que vos amis viennent avant tout pour votre désormais celèbre gâteau au chocolat ou vos dons en terrine à la pistache. Alors libérez une case pour les Saint-Jacques, d'accord, mais ne faites pas que des trucs nouveaux. Vous prendriez le risque de décevoir vos convives (oooohhhh, un mille-feuille pistache mandarine et sa crème de fromage corse ! Moi qui aime tant ce brownie...) ; de râter un de ces magnifiques plats dont vous ne maîtrisez pas encore la recette ; et de passer la moitié du repas dans la cuisine à essayer de tout boucler, au lieu de raconter à vos amis la dernière histoire de Paf le Chien (mmmhhh, vous la connaissez pas ?).
5) Ne faites pas comme au restaurant. Nadine a dit non, de toutes les façons. Ca ne se fait pas : les petits radis taillés en tulipes, la feuille de salade sous l'entrecôte, c'est non. Non, non, et non. Même la petite dentelle en papier. Alors ne vous prenez pas la tête avec ça. Présentez joliment, sans plus. C'est fait pour être mangé, de toutes les manières.
6) Choisissez des plats que vous pouvez préparer à l'avance au maximum. Bien sûr que la raclette et la fondue sont des plats conviviaux (bien que très caloriques et terriblement calorifuges), mais il existe de nombreux plats conviviaux qui ne comportent même pas de fromage... Tous ces petits plats "où on met tout dans la cocotte et laissez à feu doux quelques heures" se réchauffent avec succès, et se congèlent parfaitement. Beaucoup de desserts aiment à passer du temps au frais.
7) Soyez raisonnable : pensez à la ligne et à la digestion de vos convives. Non mais c'est vrai quoi. Ou bien proposez de vous-mêmes à la cantonnade d'ouvrir en choeur les deux premiers boutons du jean... Finissez sur des fruits ou un sorbet si vous avez chargé la première partie du repas (feuilleté + viande + pommes dauphines + haricots verts aux lardons + chèvre pané... oui, c'est chargé). Il n'est pas humainement possible d'apprécier même le meilleur des desserts quand on a, comme on dit vulgairement, "les dents du fond qui baignent".
8) Fauché vous êtes ? Faites exotique. Vous y passerez sûrement du temps, mais ça, vous en avez peut-être. Les cuisines asiatiques n'exigent pas de gros investissements, de même d'ailleurs qu'un bon couscous ou un délicieux chili con carne. Les épices ont un grand rôle à jouer, ainsi que, éventuellement, quelques miettes de folklore : dans la jolie théïère argentée et les petits verres peints, le thé à la menthe a toujours meilleur goût qu'à la machine à café du bureau.
9) A propos de théïère : si vous en avez, sortez les dorures. Rien de tel qu'une jolie table pour se mettre en appétit. Après tout, vous avez de l'argenterie, c'est pas pour la regarder s'oxyder, si ?
10) Les pros du dîner improvisé ont des recettes inratables du dernier moment et ont toujours sous la main de quoi les réaliser. Des trucs simples : d'excellentes sauces de pâtes, des amuse-gueules à tomber pour zapper l'entrée, et des idées malignes pour transformer deux bananes, une plaque de chocolat et un bac de glace vanille en dessert du feu de dieu. Cherchez les vôtres et régalez les autres.
Et le dernier conseil, qui ne sera pas le onzième, puisque c'était le premier : faites-vous beau, gardez le sourire et accueillez vos invités comme ils le méritent. Ils ne demandent que ça. Bon, mais pour les boîtes, je préfère quand même le cassoulet...
Stéphanie
Pour être un mauvais pigiste, cela demande beaucoup d'investissement et de travail, à peu près autant que pour en être un bon... sauf que ça rapporte moins.
D'abord, rater ses propositions d'article...
1) Choisissez des types d'articles qui ne sont jamais traités par le magazine auquel vous les envoyez. Par exemple, proposez un article polémique à Toutou Magazine, ou un article pratique au Canard Enchaîné.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Epluchez le journal en long en large et en travers, et envoyez des propositions qui rentrent dans les rubriques qui existent déjà (et sans que ce soit tiré par les cheveux). On ne fera pas confiance à un nouveau pigiste pour créer entièrement une rubrique. L'idéal est évidemment de contacter le magazine pour demander quelles sont les rubriques ouvertes aux pigistes, ou en tout cas de consulter le guide de la Pige.
2) Choisissez des thèmes d'articles qui ne concernent pas du tout le lectorat du journal. Proposez un papier sur Charles Aznavour à OK Magazine, pour commencer.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Relisez encore le canard pour vous imprégner des sujets qui reviennent et envisager ceux qui pourraient apparaître. Un pigiste peut proposer un sujet "un peu original" tant qu'il rentre dans le cadre... Si le journal refuse les sujets trop "nouveaux", ça n'est pas un manque de conscience politique ou morale, ni un refus de défier le manque de liberté d'expression ambiant, c'est simplement que le lectorat du journal ne s'y intéresse pas... et qu'un journal gagne sa vie en intéressant ses lecteurs.
Et les envoyer n'importe comment
3) Envoyez votre proposition au hasard (vous verrez bien où ça tombera...) ou à des noms de personne erronés (mal orthographiés) ou partis de la rédaction.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Renseignez-vous précisémment sur la personne à qui vous pouvez envoyer votre proposition. Ca diffère beaucoup selon les journaux : parfois le rédacteur en chef, parfois le chef de service, parfois la secrétaire de rédaction, parfois le journaliste en charge de la rubrique... Téléphonez avant, c'est le plus sûr moyen que ça arrive au bon endroit. Et notez l'orthographe du nom... Si vous n'êtes pas capable de faire ça, vous n'êtes pas capable d'écrire un papier correct... pense votre interlocuteur.
4) Evidemment, ne mentionnez pas votre numéro de portable. On pourrait vous appeler en urgence... Autant laisser votre fils de 9 ans prendre le message.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Donnez dans votre proposition toutes les manières possibles pour vous joindre facilement et rapidement. En général, vous pouvez prendre les paris : on vous appellera pour écrire votre papier dans les 15 jours (pour un mensuel).
5) Ne relancez surtout pas et ne vérifiez pas que votre proposition est arrivée. Tant mieux si le gestionnaire d'email de votre destinataire la prend pour un spam.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Si vous envoyez vos propositions par email, vous pouvez relancer par email quelques jours plus tard, ou mieux, par téléphone, pour vous assurer que la proposition a bien été reçue (et par la bonne personne... si vous n'aviez pas déjà vérifié).
6) Envoyez des articles entiers, les plus longs possibles, avant même de faire une proposition. Dévoilez tout de suite toute l'information dont vous disposez, comme ça on pourra vous piquer le sujet si l'article est mauvais...
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Faites une proposition avant d'envoyer un papier écrit, vous aurez ainsi l'occasion de discuter avec le rédac'chef de la forme et de la longueur qu'il désire. Si le papier est déjà écrit, contactez d'abord la rédaction pour savoir si votre sujet peut les intéresser.
Prendre son destinataire pour un idiot
7) Après plusieurs refus, n'hésitez pas à laisser ressortir votre frustration, profèrez même des menaces si ça vous fait du bien.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Soyez juste professionnel.
8) Si la menace ne fonctionne pas, essayez de parfumer, décorer, enluminer votre proposition, ou de l'écrire en rose, de l'envoyer sous forme de carte postale électronique... Adressez-vous aux rédac'chef comme à un vieux pote.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Votre adolescence est terminée, bienvenue dans le monde du travail.
9) Commencez votre synopsis par une phrase bien standard ou un gros lieu commun comme "M. Machin a un gros problème.", "Le monde est vraiment étrange en ce moment...", "Tout vient à point à qui sait attendre".
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Sans rire, votre sujet, c'est quoi ? Donnez-le tout de suite ! Précisément. Et répondez vous-mêmes, clairement, à la question que votre interlocuteur se pose : "Qu'est-ce que ça peut me faire, à moi ?"
Une fois la commande obtenue, ouf.
10) Envoyez votre article après la date prévue, évidemment sans prévenir. Pour ce faire, assurez-vous de toujours vous mettre au travail à la dernière minute.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Faites des dates de remise une de vos priorités. Prévoyez une marge de manoeuvre (quand c'est possible) et partagez le projet en petites étapes. Et bien sûr, si vous avez un contre-temps, prévenez la rédaction.
11) Faites-vous payer au plus bas prix, si possible au noir ou en droits d'auteur. Le journalisme, c'est prendre des risques, vous n'avez que faire de bulletins de salaire et d'indemnités assedic...
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
En tant que débutant, vous n'aurez peut-être pas toujours le choix. On vous proposera des tarifs de misère, payés dans des conditions improbables. On vous demandera de faire des factures (alors que c'est totalement illégal si vous n'avez pas le statut d'indépendant), ou des notes de frais. Si vous êtes vraiment fauché, faites au mieux. Mais dès que vous avez le choix, refusez de travailler pour rien et quasi-illégalement. Sinon, entre le découvert à la banque et le redressement fiscal, la galère vous guette. Renseignez-vous sur la moyenne des prix de votre marché, et visez la case au-dessus.
12) Choisissez vos "clients-employeurs" n'importe comment. Peu importe leur marché, leur style de travail, leur degré d'exigence, leurs tarifs, leurs délais de paiement... ce qui compte, c'est quand même de faire ce que vous aimez, non ?
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Renseignez-vous auprès d'autres pigistes sur la réputation du journal auquel vous collaborez, sur ses habitudes, sur son mode de travail. Lors des premiers papiers, préparez-vous à évaluer votre client autant que lui cherche à vous évaluer. Il y a peu d'avantages à être pigiste, en vérité, mais l'un d'eux est de pouvoir choisir ses clients.
13) Devenez le meilleur pote de votre client-employeur. Parlez-lui de votre vie, de vos amours, de vos emmerdes. Le travail et la vie privée, surtout dans ce milieu, méritent d'être intimement mêlés... d'ailleurs pensez à lui raconter la cuite de l'autre soir et comment vous avez fini la nuit avec... qui déjà ?
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Restez professionnel. Au début de la collaboration, gardez vos distances, restez formel. Ensuite, le ton peu devenir plus amical, mais ne partagez pas tous vos soucis et surtout, restez professionnel.
14) Si vous êtes de mauvais poil, ou que votre rédacteur en chef vous a contrarié, poussez une bonne gueulante. Ca lui fera du bien. Il l'a cherché.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Gardez votre calme en toutes circonstances, au risque de ruiner votre réputation professionnelle. En cas de problème, ne réagissez pas tout de suite, défoulez-vous sur quelqu'un d'autres (parlez-en à un ami, par exemple, ne frappez personne !). Ensuite seulement, communiquez avec votre client avec une voix calme, professionnelle, et cherchez une solution au problème.
Ne gardez pas vos clients et faites n'importe quoi
15) Si vous avez eu une commande, que votre article est passé et que votre client est content, passez tout de suite à autre chose avec un autre client. Le premier client est tellement content qu'il viendra de lui-même vous réclamer un article, c'est sûr, il y a trop peu de gens aussi formidables que vous sur le marché.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Dès que vous avez bouclé un article, pensez tout de suite à une prochaine proposition dans la foulée. Et soumettez-la aussi tôt que possible.
16) Surtout, contentez-vous d'un seul client. Au pire deux, mais pas plus. De toutes les manières, ça n'est pas à vous qu'il arriverait d'être lâché par un client. Ces choses n'arrivent qu'aux autres.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier. Cherchez d'autres sources de revenus en diversifiant les clients, ou même les types de travaux (blogs, édition). On ne sait pas ce qu'il peut arriver à un magazine, du jour au lendemain.
17) Offrez-vous du bon temps. Profitez de vos (non-)horaires pour aller draguer au parc ou traîner au bistro. Mieux, passez des heures à faire des réussites sur votre ordinateur, surtout quand vous approchez dangereusement de la date de remise de ce papier que vous avez à peine commencé.
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Donnez-vous de la souplesse, l'avantage d'être pigiste est de choisir de travailler lorsqu'on est le plus productif. Mais ne vous autorisez pas la paresse en période de charrette, forcez-vous à respecter les délais.
18) Prenez n'importe quel boulot. Faites la promo d'un marchand d'armes, même si vous êtes pacifiste. Faites des photos floues de stars avec un téléobjectif, même si vous pensez que l'institutrice de votre enfant viole votre vie privée en affichant des photos de lui dans le couloir de l'école... Peu importe l'éthique et la morale, l'important est que le magazine se vende bien...
Mais si vous voulez être un bon pigiste...
Un travail que vous trouvez dégradant ne vous motivera pas, et il faut de l'énergie et de la motivation pour être pigiste. Cherchez autant que possible des missions qui ne vont pas contre vos propres valeurs. Dès que vous avez le choix, osez simplement dire Non.
La mode est aux listes... et je sais de quoi je parle, j'en ai rédigé environ 200 pour un éditeur bien connu et des dizaines pour moi-même. Mais ça sert à quoi ?
Listomanie... quand mon éditrice m'a parlé du projet d'Hachette de créer un livre de listes, j'avoue que je n'ai pas vraiment bien compris. Quoi ça ? Des listes donc. Sur tout et n'importe quoi. Utiles ? Pas forcément. Amusantes alors ? Oui, mais pas seulement. Instructives ? Peut-être. Mais alors sur quel sujet ? Tous. Des listes détaillées, avec une petite présentation, sur tous les sujets. Mais des thèmes choisis avec soin, et pas rabachés dans tous les coins du web. Ca donne ça : http://www.amazon.fr/Listomanie-indispensables-superflues-listophiles-insomniaques/dp/2012372295/ref=pd_bbs_sr_1?ie=UTF8&s=books&qid=1195677268&sr=8-1 . Une fois écrit, je le trouve très beau, et passionnant pour les curieux de la race de ceux qui picorent à chaque occasion... Vous savez, ceux qui : "oh... tu me croiras pas, mais maintenant je sais ce que veut dire nyctalope, rien à voir avec la prostitution !" avant de fermer le dictionnaire ouvert pour trouver la différence entre un oxymoron et une oxymore.
Des listes de tout, ou de rien ?
On découvre alors qu'on peut vraiment lister toutes sortes de choses : les plus grands tueurs en série (dans l'ordre décroissant du nombre de victimes), les voitures qui furent des vedettes de cinéma, les capitales les plus sûres d'Europe (en commençant par Lisbonne, la plus sûre), les astuces pour réduire nos déchets, les nouvelles méthodes éducatives... Et puis bien sûr, on peut faire une liste de courses, une liste de choses à faire, une liste pour/contre pour prendre une décision, une liste des restaus qu'on aimerait bien essayer, une liste des aliments dont on ne voudrait jamais manquer, une liste de ce qu'on emmenerait sur une île déserte aussi...
Ainsi, Dominique Loreau, dans l'Art des listes (http://www.amazon.fr/Lart-listes-Simplifier-organiser-enrichir/dp/2221109317/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1195677869&sr=1-1) encourage ses lecteurs à ouvrir un cahier de listes et à créer ainsi une sorte de journal intime en listes. Liste des films vus, liste des dépenses du mois, liste des odeurs favorites, des aliments que j'ai détestés, des recettes à essayer, des livres lus (avec critique perso), des thèmes sur lesquels je voudrait bien méditer... Elle en fait une sorte de culte. Elle soutient que nous pensons en listes et qu'il est logique de tout noter en listes, que les mots de nos phrases sont superflus... n'en jetez plus. J'ai commencé un cahier de listes en espérant que ce simili-journal intime durera plus longtemps que tous les autres. Laisser une trace, serait-ce mon unique objectif ?
Des listes pour laisser une trace ou pour s'organiser...
C'est peut-être l'objectif de ceux qui participent à Echolalie (http://www.echolalie.org/wiki/index.php?ListeHistorique), un site internet entier composé de listes, de listes et encore de listes. Peut-être encore la raison de vivre de nombreux blogs qui vous donnent 10 manières de devenir riche en bloggant, 8 idées pour sauver la planète, un astuce par semaine pour vous refaire une beauté...
C'est bien sûr moins la démarche de tous les fous d'organisation personnelle qui vous diront que leur vie serait un sacrée bazar sans leur collection de listes. Le premier livre d'organisation personnelle que j'ai lu à la fin des années 80 (par la prêtresse américaine de l'organisation Stéphanie Winston) parlait déjà de liste maîtresse et de liste journalière. Flylady (gouroute américaine de l'organisation ménagère) et ses inspiratrices (Young et Jones, Messies Anonymous, etc.) parlent aujourd'hui de listes de routine. Et enfin, David Allen, auteur du plus gros buzz organisationnel actuel (GTD), glorifie la liste de projets, de "prochaines actions", de choses à dire à Machin, de courses à faire, de trucs à faire "un jour, peut-être"...
En plus, l'outil de "listage" évolue. Si mon arrière-grand-mère écrivait à l'encre entre les lignes de carnets à petits carreaux la liste des cadeaux reçus pour ses étrennes pendant son adolescence, David Allen, lui, fait sa liste de "prochaines actions à faire sur le PC" sur son blackberry.
A noter sur ma liste de choses à faire : racheter des feuilles de notes pour la liste de choses à faire insérée dans mon organizer.
Minimaliste : qui met en oeuvre le minimum d'éléments, qui bouleverse le minimum de choses.
En bonne passionnée d'organisation personnelle que je suis, je lis avec gourmandise le blog Zen Habits (http://zenhabits.net/). Bien sûr, j'ai eu beaucoup de rattrapage à faire, depuis que je l'ai découvert, et j'ai trouvé dans les archives un article expliquant comment l'auteur, américain, pratique le "minimalisme" au quotidien (http://zenhabits.net/2007/08/10-odd-little-minimalist-things-i-do/). Autant vous dire que celle qui s'est faite un mythe du bouquin "l'Art de la Simplicité" (un mythe, c'est une de ces choses que l'on peut s'imaginer, que l'on peut éventuellement viser, tout en sachant qu'il est tout à fait impossible de l'atteindre) a voulu de suite savoir ce qu'il en était.
Leo Babauta, l'auteur du blog, pratique le minimalisme... ce qui veut dire que :
- Il n'a pas de montre. Waou. Ca commence bien. Je suis une "sans heure" depuis toujours. J'ai dû avoir trois montres, que j'ai semées méthodiquement au premier lavage de mains. Du coup, j'ai un vrai sens du temps qui passe. Hormis si je suis vraiment plongée dans une activité passionnante, je vois le temps passer à environ 10 mn près. Léo complète cependant que lui se passe aisément de montre puisqu'il a... un portable !
- Il n'a pas de porte-feuille. Il se contente d'un gros trombone qui tient son permis de conduire, sa carte de crédit et quelques billets. Ses cartes de fidélité ? Elles sont dans la... boîte à gants de sa voiture ! Oh, il n'en a eu besoin qu'une fois dans l'année. Bon, moi, sans voiture, je suis bien obligée de transporter mes cartes de fidélité principales (oui, je les utilise) et comment fait-on pour ranger la monnaie du pain ? On n'achète pas de pain, soit.
- Il n'a pas de clés. Quand même, ne croyez pas qu'il peut se permettre de laisser sa porte de maison grande ouverte. Non. Ni même qu'il l'ouvre grâce à ses empreintes digitales. Il laisse juste ses clefs... dans sa boîte à gants ! Il trimballe partout de quoi ouvrir sa voiture, quand même.
- Il n'a pas de portable. Enfin si, quand même. Dans la voiture. Que ferait-il sans sa voiture ? Et il l'éteint quand il est avec ses enfants.
- Il n'a pas de lit. Oh, je vous vois pouffer d'ici : non, il ne dort pas dans sa voiture. Il a un matelas géant chez lui, où il dort avec femme et enfants. Et il adore le look que ça a. Moi, j'aime moins le look de mon mari quand il a le dos coincé.
- Il n'a pas d'icône sur le bureau de son ordi. Bien. Il n'utilise que des raccourcis clavier. Très bien. Je vais y penser.
- Il n'a pas d'informations sur son disque dur. Il stocke tout en ligne. Eh, ne rangez plus les choses chez vous, rangez-les chez votre voisin ! J'imagine à peine ma détresse les jours de panne du câble, j'ai déjà du mal alors que j'ai (presque) tout dans la machine...
- Il n'a pas d'internet mobile, ni blackberry, ni wifi. Boudiou. Ca c'est du minimalisme. Quand j'y pense, je suis hyperminimaliste. J'ai même pas de boîte à gants !
- Il n'a pas la télé par câble. En fait, visiblement, il ne regarde que des DVD. Moi j'ai le câble, mais très peu de DVD. Et si je n'avais pas le câble, je n'aurais pas de télé du tout. Mon antenne est pourrie. Oui, on peut vivre sans télé, je sais. Mais pour ça, je ne suis pas minimaliste. Je veux lire ET regarder la télé.
- Il n'a pas d'Ipod. Moi, à chaque fois qu'on m'en parle, il faut me redire à quoi ça sert.
Allez... et moi, qu'est-ce que je n'ai pas ?
- Je n'ai pas de voiture, même pas le permis. Même pas de Pass Navigo non plus. J'ai des pieds.
- Je n'ai pas une grande maison. Le ménage me fatigue. Plus c'est petit, plus ça va vite.
- Je n'ai pas de PDA. Mon truc, c'est le papier.
- Je n'ai pas des camions de coupures de presse dans des beaux dossiers. Pourtant, paraît que dans mon métier, ça se fait. Entre nous, je trouve que toutes les coupures de presse racontent peu ou prou la même chose que ce que je trouve en 4-5 clics sur internet, et j'ai pas besoin de les classer...
- Je n'ai pas des étagères entières d'albums photo. Je déteste trier les photos. Le jour où je le ferai, je mettrai tout en ligne. Un jour, peut-être.
- Je n'ai pas de beau stylo à plume, juste un magnifique bille crystal.
- Je n'ai pas de produit spécial pour nettoyer les WC, mon budget produits d'entretien est réduit à peau de chagrin : vinaigre blanc, produit vaisselle, nettoyant moquette, lessive, produit lave-vaisselle.
- Tous mes bijoux sont sur moi : 2 bagues et une chaîne avec 2 pendentifs.
Minimaliste, je vous dis... qui dit mieux ?
En hommage au Blog Action Day, qui a lieu aujourd'hui, et encourage les blogs du monde entier à parler d'environnement, j'aborde aujourd'hui la question de l'organisation de la maison et de la famille et de ses rapports avec la protection de l'environnement.
Dans le cadre de la liste Mamaison, j'ai souvent compris que les deux problèmes se rejoignaient souvent. Les personnes qui cherchent à organiser leur maison et leur famille cherchent en général à "se simplifier la vie", et c'est exactement cette démarche qui ferait du bien au monde aujourd'hui. De même, elles cherchent souvent des solutions pour se destresser en prenant en main la gestion de leur temps, ce qui les rapproche du fond des choses et de la nature, les éloignant de la vitesse et des machines. Et progressivement, en découvrant un mode de vie simple, elles comprennent combien l'environnement, dans tous les sens du terme – l'environnement naturel, mais aussi l'environnement personnel, la maison, la rue, le quartier – est une composante fondamentale du mode de vie.
Cependant, la vie n'étant "pas si simple", quand on cherche à s'organiser, on se heurte à des questions environnementales sérieuses et à des dilemmes ennuyeux.
A ceux qui veulent organiser l'espace de leur maison, on répond d'abord qu'ils doivent trier leurs biens, de manière à ne garder que ce qui leur est utile ou/et précieux. Entendons-nous bien, le désencombrement, ça n'est pas seulement jeter tout ce qui ne "vaut rien" (jouets cassés, trop vieux, appareils en panne…), mais aussi parfois des objets coûteux qui n'ont jamais servi et encombre un espace qu'on utiliserait mieux à ranger d'autres choses, ou bêtement à vivre.
Dans ces moments-là, on se trouve face à nos embrouilles intérieures : oui, j'ai acheté un poélon à fondue il y a 5 ans, le meilleur de la gamme, parce que j'étais persuadée que mes amis auraient envie d'une fondue savoyarde au moins deux fois par hiver. Mais à la fin de la soirée, tout rouges et transpirants, gavés de fromage jusqu'à la gorge, peinant à finir le formidable brownie au chocolat, vous vous êtes promis en chœur de manger votre prochaine fondue après une journée de ski pour supporter le surcroît de calories. Alors que fait-on du poëlon tout neuf, qui nous a coûté 80 euros pour servir une seule fois ? Et ce tailleur rouge, hyper habillé, acheté un jour de déprime pour la peau des fesses, hein, avouerez-vous une fois pour toutes qu'il ne vous sied pas au teint (ou aux fesses, justement !) ?
Pire encore, dans votre cagibi, traîne encore le vase Daum rapportée par Jolie Maman de… où déjà ? Eh, vous le ressortez à chaque fois que Jolie Maman vous rend visite (une fois par an), et désesperez encore de trouver un bouquet qui irait dedans… un vase de 1 m de haut, pensez donc ! Vous en tireriez un bon prix sur Ebay, mais il faudrait avouer à Queen Mom que vous l'avez vendu ou prétendre de l'avoir… brisé !
Toute cette bonne matière première utilisée pour fabriquer tant d'objets sans utilité chez vous. Qui vous culpabilisent à chaque fois que vous les regardez : vous devriez aimer ces objets chèrement payés ou si affectueusement choisis. Mais non. Le mieux est de s'en débarrasser, idéalement auprès de quelqu'un qui en fera réellement un meilleur usage. Et Jolie Maman devra se faire une raison devant votre mine déconfite : vous êtes une foutue maladroite !
Dans un autre genre, la maman que je suis s'agace facilement de la pile de paquets que reçoivent mes enfants à chaque Noël. Enormes boîtes en carton, remplies de jouets en plastique fragiles au possible, fabriquées par des enfants exploités dans un pays sous-développé, avec de la peinture au plomb, et un esprit marketing efficace. Et qui offre ça à mes enfants ? La caisse des écoles de ma propre commune… dans le but de gâter (aussi) les enfants des familles déshéritées de la ville. Ouip. Celles qui ont souvent fui les horribles conditions de travail de leurs pays d'origine…
L'autre question qui me taraude souvent, c'est la question de l'alimentation bio. Franchement, je suis fervente supportrice du mouvement bio. Rien à dire : bio, c'est meilleur pour tout le monde, à part, mais j'espère plus pour longtemps, pour mon porte-monnaie. Mais tant qu'il s'agit d'un commerce "alternatif", il faut se plier à des contraintes certaines…
Dans ma banlieue, où je vis sans voiture et sans permis (pour plusieurs raisons dont la protection de l'environnement), la première "supérette bio" est à l'autre bout de la ville. Soit, à quelques stations de bus, mais beaucoup de bouteilles et bocaux en verre à transporter d'ici à là, avec une petite et fidèle poussette de marché. Ca prendrait pas mal de temps, et en plus, il me manquerait quand même des choses (même si je pourrais acheter du malt d'orge que je ne trouverai nulle part ailleurs !).
Devrais-je acheter une voiture pour manger bio ? Certes non, bon. Reste alors l'hypermarché internet au rayon bio bien fourni… mais mes congénères écolo me soutiennent que c'est tout pourri, la grande distribution. Et puis n'est-ce pas dans le supermarché de mon quartier que j'ai vu un concombre bio importé d'Espagne emballé dans du plastique à côté d'un concombre "standard" français tout nu ? Faut-il plutôt acheter une pomme traitée en vrac au marché ou une pomme bio en barquette livrée par internet ?
Heureusement, un petit magasin de mon quartier veut bien livrer les paniers bio d'une coopérative nationale (http://www.campanier.com/ ). Ca ne résoud pas encore le problème de l'épicerie, mais on progresse.
Tiens, un autre souci des pauvres mères de famille dont je suis. Le tri sélectif, ça, c'est une bonne idée. J'adore l'idée qu'on fasse des pulls en polaire avec mes bouteilles de lait… Alors je trie. Et tout le monde le sait, dès qu'il rentre dans ma cuisine. Vous savez quoi ? J'ai deux grands sacs suspendus dans ma cuisine pour accueillir emballages et bocaux de verre. Vue la taille de ma cuisine, la poubelle jaune prend sur le peu d'espace vital. Dans les années 60, ils n'avaient pas prévu ça. Faudrait peut-être qu'un designer malin, au lieu de bidouiller des tailleurs rouges ou des vases d'un mètre de haut, trouve un système intelligent pour caser les poubelles de recyclage dans les cuisines minuscules des HLM. En attendant que toutes les maisons soient écolos comme celles (paradisiaques) des reportages de France 5.
Bon, je râle, je râle. En même temps, c'est comme ça qu'on avance hein. Sur Mamaison, j'ai d'abord râlé contre les placards sous l'évier, pleins de produits d'entretien dangereux et sans intérêts, qu'on peut allégrement remplacer par un peu de produit vaisselle, de l'eau, du vinaigre blanc et du bicarbonate de soude. J'ai râlé contre les gens qui vont chercher leur pain en voiture. J'ai râlé contre celles qui briquaient leur maison toute la journée au lieu de profiter du soleil. Ces dernières années, par une sorte de mouvement souterrain, on a vraiment l'impression que les petites râleries, et les actions (surtout), font avancer les choses. Même ma Môman, adepte du shopping, finit par trouver les cadeaux de mes enfants dans les vide-greniers et les magasins d'occasion, et se résigne à offrir un livre à chaque adulte pour Noël.
Allez, comme disent les américains, je retourne dans ma boîte à savon, et on refera le point l'an prochain ! En attendant, râlez et agissez, ça fait plus de bien à la planète que de regarder Arthus Bertrand à la télé...